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Le canon Max de Duzey

Dans le bois de Warphemont, sur la commune de Duzey, à 25 km au nord-est de Verdun, se trouve un site de canon lourd à longue portée appelé "Max", installé par les allemands en 1915 dans le but de détruire Verdun.

Il s'agissait d'un canon de cuirassé de 381 mm, installé à pied sec sur une plateforme bétonnée, au sein d'un complexe militaire comprenant abris de commandement, tunnels-ateliers pour le stockage sécurisé des obus et la préparation des charges de poudre, voies ferrées pour l'acheminement des matériels et des munitions, et en retrait, un logement pour les ingénieurs et les unités de marine chargés d'activer la batterie.

Abandonné après 1917, le site est un sujet d'étonnement dès 1919, au point qu'il est identifié comme vestige de guerre majeur et classé Monument historique en 1924. En partie ennoyé, privé de son canon et de son affût, il demeure à l'abandon durant près de 80 ans.

Le site a été sorti de l'oubli en 1999 grâce à un programme de réhabilitation et de mise en valeur historique, mené en parallèle avec l'aménagement de l'ancienne cité allemande d'arrière-front du "Camp Marguerre" par la Communauté de Communes du Pays de Spincourt.

Pourquoi ici à Duzey ?

En 1914, arrêté devant Verdun, le front allemand s'appuie contre les côtes de Meuse, dans la plaine de la Woëvre.Première forteresse française, Verdun est ceinturé par 43 forts et ouvrages, dont les puissants forts de Douaumont, de Moulainville et de Vaux.

Dès le début de la guerre, les allemands utilisent 2 types de canon :

  • des canons de 420 mm (d’une portée de 15 kilomètres) surnommés les « Berthas ». Pourquoi Berthas ? Du prénom de l’héritière de l’industriel allemand Krupp, usine fabriquant les canons.
     
  • des canons de 380 mm surnommés les « Max », moins destructeurs, possèdent cependant un impact psychologique bien supérieur. Pourquoi Max ? Max vient de l’amiral MAXimilien ROGGE, directeur de l’armement de la marine, qui en avait supervisé la construction.

Le canon de Duzey

Avec une portée de plus de 40 kilomètres, ces « Max » s’avèrent difficile à combattre. Leurs bombardements vont frapper si fort l’imagination de la population française que la littérature populaire va s’en emparer en en faisant des « canons fantômes ».

Trois canons de 380 mm vont être installés dans le pays de Spincourt :

  • un à Muzeray
  • un à Loison
  • un à Duzey, le site le plus remarquable dans le bois de Warphemont.

L’objectif de ce canon était de détruire la ville de Verdun et les forts aux alentours sans se faire localiser. Fin 1915, puis avec la bataille devant Verdun en 1916, les objectifs vont se multiplier : il faudra frapper les forts et la ville, mais aussi menacer l’arrière-front français dont la fameuse Voie Sacrée.

Au départ, ce canon était destiné à être positionné sur un navire allemand. Mais lorsque la guerre de position s’installe, les canons destinés à la marine sont affectés à la guerre terrestre. Mais une plaine, une forêt, une colline ne sont pas un bateau. Il faut donc associer ces canons, par un aménagement spécial à ce nouvel environnement.

L’encuvement

A Duzey, un encuvement bétonné permet de reproduire le contexte d’un navire, avec ses cales (chambres souterraines, tunnels, abris) et son pont (plate-forme de béton). L’encuvement en forme d’amphithéâtre permet un champ de tir de 160°. Au fond de la cuve se trouve un socle d’acier muni de gros boulons sur lequel était installé l’affût de la pièce amené par chemin de fer.

  • 4m de profondeur
  • 23m de largeur

Sous l’avant de la cuve, à gauche se trouve une chambre souterraine contenant un moteur électrique Ce moteur sert à produire la force motrice nécessaire à la manœuvre du canon.

Le tube du canon se monte sur un affût métallique, constitué par deux poutres acier en I, disposées parallèlement et réunies par des entretoises (traverses). L’alimentation en munitions est faite avec des wagonnets menant les obus et les charges jusqu’au tube. La fermeture (culasse) du canon pèse à elle seule plus de 2 tonnes, l’obus pèse 750 kg. L’ensemble pèse 220 tonnes !

Ce canon fut toujours suivi et « piloté » par la section spéciale de la marine, le « Marine Sonder Kommando N°1 ». Comprenant 3 officiers et 70 artilleurs de marine, elle était commandée par le Capitaine de Corvette Schulte.

Par la longueur du tube, par sa masse (220 tonnes) et le volume de son affût, le canon représentait en pleine forêt un point sensible à la foudre. Ainsi, pour protéger l’ensemble, les fantassins du détachement de travailleurs affectés au site ont fiché dans les arbres alentours des dizaines de paratonnerres.

Frapper loin et fort : le « Max » de Duzey en action

Vendredi 1er octobre 1915. 15h30. Le canon tire son premier obus sur Verdun, distante de 25 km. Le projectile de 750 kg, propulsé à près de 1 kilomètre par seconde par une charge de 120 kilos de poudre, met 30 secondes pour atteindre la ville. Ce jour là, Verdun recevra 16 obus, soit en moyenne un obus toutes les 8 minutes. La ville compte ses victimes, et le canon a joué son rôle : il est capable de frapper loin et fort, touchant autant les défenses ceinturant la ville que le moral de ses défenseurs. Le 21 février 1916, à 4h15 du matin, c'est d'ici que partira le premier obus donnant le signal de l'offensive sur Verdun. Durant cette journée, plus d’un million d’obus de tous les calibres vont s’abattre sur la ville et ses alentours.

Le canon de Duzey

Le canon reste actif durant la bataille de Verdun, puis est démonté en janvier 1917. Le site, que l'on envisagea un moment de classer Monument Historique, sombre vite dans l'oubli, jusqu'à sa renaissance récente au côté de la cité allemande d'arrière-front du « Camp Marguerre ».

Le Camp Marguerre

Situé dans la forêt de Loison, ce camp à été construit sous les ordres du capitaine Allemand Hans Marguerre dont il tire son nom.

Malgré ses baraquements en béton dont il est entièrement composé qui lui donne un côté plutôt froid et très particulier, on peut y voir des peintures ainsi que d'autres détails esthétiques

La prise en charge des canons

Le transport de deux canons de marine à enlever sur le site de la Direction de l’armement EM/site de Gâvres à Plouhinec (Morbihan) et à déposer sur le site de la batterie allemande de Duzey (Meuse), ainsi que sur le territoire de la commune de Gincrey (Meuse), s’effectue par les Transports Capelle dont le siège social se trouve à VEZENOBRES (30360).

Le chargement du canon a eu lieu le mercredi 25 juin à 14heures à partir de la base nautique de Gâvres (Lorient) , pour une livraison le jeudi 03 juillet 2014 vers 14 heures.

Le déchargement s’effectue, au moyen de grues adaptées aux charges à déplacer, sur le site de l’ancienne batterie allemande de Duzey (55230), sur le socle béton prévu pour la réception du canon de 305 de marin, sur l’emplacement mis à disposition sur son territoire par la commune de Gincrey (55400), pour recevoir également un canon de marine d'un calibre inférieur.